Un complément, s'agissant maintenant des enfeux de la chapelle de Saint François de Cuburien ::
Les enfeux des Le Bihan de Pénnélé et des Le Barbu ont été affectés aux familles concernées dès leur construction, et parfois même avant que les murs de la chapelle de Saint François de Cuburien ne soient sortis de terre.
La construction de la chapelle se situe de 1527 à 1531.
Cette attribution immédiate s'explique par le système de financement de l'époque :
Des "pré-réservations" indispensables au chantier
Au XVIe siècle, la reconstruction d'une église conventuelle après un incendie (comme celui provoqué par les Anglais à Cuburien en 1522) coûtait extrêmement cher. Pour réunir les fonds, les moines Cordeliers ont passé des accords préalables avec les grandes familles de la noblesse morlaisienne. En échange de financements massifs pour le chantier, les familles exigeaient l'assurance d'avoir leur sépulture et leur enfeu à un emplacement prestigieux dans la future chapelle. Les emplacements étaient donc déjà vendus ou promis avant même d'être maçonnés.
Le principe de la continuité des droits
Pour plusieurs familles, il ne s'agissait pas d'une nouvelle acquisition, mais du transfert d'un droit préexistant dans l'ancienne église détruite. Dès le début des travaux en 1527, les maîtres d'œuvre savaient exactement pour qui ils bâtissaient chaque niche funéraire, en fonction des titres de propriété que possédaient les lignées (comme les seigneurs de Pennelé ou la famille Le Barbu).
La régularisation administrative (après-1531)
Le décalage dans le temps que l'on observe parfois dans les textes (comme l'acte de 1538 pour les Le Bihan de Pennelé) n'est pas une "attribution tardive" d'un enfeu vide. Il s'agit d'une régularisation juridique. Une fois le couvent reconstruit et les moines réinstallés, ces derniers passaient en revue les concessions pour officialiser par écrit la propriété des enfeux, valider la pose des dalles tumulaires et autoriser la sculpture définitive des armoiries familiales dans la pierre.
Les enfeux de la chapelle de Saint François de Cuburien n'ont pas été construits "à l'aveugle" pour être attribués plus tard : ils sont issus d'un contrat direct entre les moines et leurs mécènes d'origine.
Tout cela milite donc pour une acquisition de leur enfeu par les Le Barbu dès 1527, sa construction peu de temps après, la sculpture de leur blason après 1531, la mise en place du vitrail Le Barbu-Coat, plus tardivement, vers 1540-1550 , avec le financement de celui-ci par Jean Le Barbu.
Auparavant, les verres de ce vitrail devaient être différents et pouvaient même être tout simplement blancs.
Il y a donc une très forte probabilité que l'enfeu des Le Barbu ait été financé par un ascendant de Jean Le Barbu, probablement son père marié à une Demoiselle Quittier, père qui était toujours en vie en 1540-1550 lors de l'installation du vitrail par son aîné.
Cdlt.
B.Q.
Famille LE BARBU x DU BOYS DU DOURDU (ou DOURDUFF). Plougoulm
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